Les Turnips 1963-1965

C'est pendant l'été 1963 lors de vacances dans la belle île d'Oléron, que je fis la connaissance des deux premiers membres de ce qui allait devenir les Turnips , Claude Rosevegue et Jean Claude Carcaillet.
J 'avais auparavant, fais partie d'un groupe amateur, mais déjà electrifié, les Zgorl's, qui dans le plus pur style "Shadows"c'était produit sur les scènes prestigieuse de la Salle Cadet, La Locomotive, La Salle Wagram et le Golf Drouot. Groupe mort de sa belle mort pour je ne sais plus quelle raison; peut-être l'arrivée sur les ondes de groupes avec chanteurs comme: Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages, Les Pirates ou Les Vautours , mais aussi et surtout, de ce rock anglais qui commençait furieusement à se faire entendre grâce aux Beatles, Stones et tant d'autres.
En franc-tireur donc, je jouais dans la plus petite formule possible de groupe , c'est à dire à deux, sur la scène du Café-Tabac ( scène qui en l'occurence n'était autre que le billard transformé le samedi soir en scène pour l'orchestre ) "Chez Martineau" à La Brée-Les-Bains , avec un garçon rencontré un peu avant sur la plage, et nous jouions quoi… du Shadows. Ce garçon Alain Lartigue originaire lui de La brée, m'amena un après midi dans une grande boîte situé dur la plage de La brée, appelée "La Sirène" . Sur la minuscule scène, Claude Rosevegue y jouait du piano electrique ( Cimbalet Honer) avec un bassiste , Jean-Claude Carcaillet et un batteur de Rochefort . Je dis un club , mais l'endroit était plutôt une sorte de grande terasse en plein air , ou autour d'une piste de danse, s' alignaient des tables et des fauteuils surmontés de parasols.
Dans un angle de cet espace, trônait une petite scène dont les poteaux qui soutenaient le toit de tôles ondulées en fibro ciment , étaient ornée d'une magnifique sirène en contreplaqué.
Les atomes crochus et musicaux ne mirent pas longtemps à prodiguer leur bienfaits et nous fûment, Alain et moi, intégrés à ce Combo. Nous avions la possibilité contre une ou deux consommations gratuites, mais sans alcool bien sûr, de jouer le soir et jusqu'à 22h sur cette scène . Comme nous y répètions aussi durant l'après midi, les jeunes garçons et filles venus sur la plage pouvaient en profiter et devenant nos premiers fans, venaient le soir passer une heure ou deux pour danser sur notre musique à La Sirène, ce qui n'était pas pour déplaire au patron du lieu de ce club alors peu fréquenté.
La scène de "La Sirène"
Dés la rentrée 63 l'envie de monter un groupe ensemble était devenue incontournable. Claude et Jean-Claude tous deux Parisiens ammenèrent avec eux Geza Fenzl
( futur batteur de Dynastie Crisis) avec qui ils allaient au collège , ansi qu'un grand gars maigre , déguingandé et chanteur d' 1,90m : Gilbert Naud . Les répétitions commencèrent aussitôt dans les locaux desaffectés d'une minuscule boutique de la Garenne Colombes, attenante à la maison des parents de Gilbert. Le répertoire ne posait aucun problème, les groupes anglais de l'époque allignaient tubes après tubes , qui nous arrivaient commes des volée de flêches depuis Londres. Kinks, Rolling Stones, Animals , Seachers, Hollies, nous n'avions que l'embarras du choix dans cette multitude de titres plus excitants les uns que les autres à jouer( ou plutôt à essayer de rejouer (voire " éxécuter" )
Gil Naud
Gilbert dont c'était les pemiers pas en tant que chanteur , fit rapidement preuve d'une aisance et d'une maîtrise hallucinante de la scène . Son 'envergure' le faisait ressembler à une énorme arraignée les bras étendus ou en l'air il occupait un espace terrible. En quelques passages de plus en plus remarqués, nous devîmes rapidement la coqueluche des groupes du Golf. Voulant systématiquement nous démarquer des autres groupes, nous ajoutions chaque fin de semaine de nouveau morceaux à notre répertoire et avions adopté de simples et efficaces tenues d'ensemble de scène: jeans noir et col roulés blanc, ou costumes noir col roulés noir
La carrière assez brève de ce groupe nous fît pourtant faire une television sur une des deux chaînes de l'époque , énormément de clubs de Paris et de sa proche Banlieue
car les déplacement ne se faisaient que par les transports en commun et avec le matos ou l 'aide des parents de l'un ou de l'autre, étant dans ce groupe, tous trop jeunes pour conduire, ainsi que de dityirambiques articles dans le seul journal "Rock " qui existait en ces temps reculés , le Disco-Revue de Jean-Claude Berthon . Jean Claude qui était aussi le directeur du "Club Des Rockers" situé dans les locaux du Golf Drouot.
Le Turnips sur la scène du Golf lors de la 1ère venue de Stones à Paris pour leur Olympia
Nous n'avons malheureusement jamais eu l'occasion d'enregistrer quoi que ce soit sur support . C'est sans doute une excellente choses qui nous laisse nos illusions intactes sur la qualité(??) de nos performance d'alors.

Quelques Photos

La jambe en l'air , donc probablement chantant: Please Don't Touch ( de Johnny Kidd)




Un peu de Presse

Disco-Revue

L'appel sous les drapeaux de la classe 66 ( bien que de court duré )m'obligea quitter le groupe ou je fût remplacé dans un premier temps par : Yvan Ganowsky ( guitare rhytmique des Rebelles de Ronnie Bird), puis par Gerard Fillipelli, ( qui devint Phil des Charlots) un excellent guitariste doublé d'un technicien de génie qui c'était à l'époque fabriqué sa propre guitare ainsi qu'un surpuissant ampli de… 80 watts.

Peu de temps avant mon incorporation le groupe c'était adjoint un second chanteur : Alain Rivet et de retour sur Paris ma "réforme" prononcée, deux mois après avoir été incorporé , ( nous étions alors beaucoup trop dans ces classes des enfants de l'après guerre ), je fis mon dernier concert avec les Turnips sur la scène de la Locomotive .

Le groupe très vite va changer de nom, il s'appelera desormais "Les Rockers", dont après le départ de Gil Naud, je deviendrais le chanteur guitariste . Gil sera accompagné par les anciens Rockers qui prendront le nom de "New-Turnips". Tout un poême……

Jacques Mercier, Paris le 01 / 2004

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